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Au pays des Mille étangs (2/4) Une musée de la montagne

Au pays des Mille étangs (2/4) Une musée de la montagne


Vue du hameau de Château-Lambert depuis la pente au dessus du musée de la montagne (PB)

L’immersion dans le monde profondément rural qu’est le « pays des mille étangs » ne doit pas tromper. Dès le XVIe siècle, des mines y ont été exploitées  : mines de cuivre, de plomb argentifère et de charbon. Trois siècles plus tard, l’omniprésence de l’eau et de la forêt sur ce territoire y favorisera la création de petites industries du bois, du textile et du papier en Haute-Saône. Elles ont longtemps fourni, jusqu’à l’effondrement consécutif à la guerre de 1914-18,  des compléments d’activités et de revenus à une paysannerie locale aussi nombreuse et qu’impécunieuse.

La vie rude des contreforts vosgiens

De cette vie rude témoigne au hameau de Château-Lambert -sur la commune de Haut-du-Them-, le Musée départemental de la montagne. On se trouve, là, dans la vallée de l’Ognon, donc dans les contreforts des Vosges du Sud, mais à 700 mètres d’altitude.

Ce musée loge dans une maison traditionnelle. Il a été créé en 1977 par Albert Demard, un ancien commis de ferme – il avait été « placé » dès l’âge de dix ans, ce qui était courant à l’époque- et sa femme Félicie.

L’homme était totalement autodidacte. Mais, il ne voulait pas que disparaisse la mémoire des communautés villageoises de ce territoire entré dans une période de repli et de sommeil au début du XXe siècle, après « l’âge d’or des fabriques », du XVIIe au XIXe . . .

Albert Demard se mit donc à collecter une foule d’objets, témoins de la vie d’autrefois, pour les installer dans une ferme qu’il avait achetée. Cette démarche intrigua puis séduisit les  gens du village qui se mirent à lui apporter d’autres objets, d’autres outils pour étoffer ce musée d’abord privé…

L’art de ne pas gaspiller

Désormais ce musée est géré par le département avec l’aide d’une ethnologue et présente aussi des expositions temporaires. Sa visite est assez émouvante. Indiscutablement, il fait revivre une communauté villageoise avant les grands changements qu’allait provoquer la guerre de 1914-1918. Après la visite, le quotidien d’un paysan-mineur dans sa ferme n’a plus de secret pour personne.

Quatre pièces d’habitation ont été reconstituées. Leur mobilier est modeste, leur confort rudimentaire, mais elle évoquent aussi les longues veillées d’hiver auprès du fourneau en fonte. La pauvreté ambiante, le souci de ne pas gaspiller, de tout réutiliser sont omniprésents. C’était une nécessité dans ce coin où les terres, peu profondes, sont assez pauvres et donnaient surtout du foin et des  pommes de terre. Les activités agricoles sont d’ailleurs évoquées grâce à la reconstitution de l’étable et du grenier, où sont disposés différents outils liés à la culture du seigle, du sarrasin ou encore de la pomme de terre, qui constituaient la base de la nourriture paysanne.

La schlitte permettait de débarder le bois (PB)
Pauvres coquelicots

A l’extérieur des bâtiments de la ferme proprement dite, un parcours à flanc de coteaux invite à se familiariser avec les métiers liés à la forêt et à l’artisanat du bois : y sont présentées une baraque de bûcheron, une hutte de charbonnier, de sabotier et une schlitte, qui permettait de descendre le bois débité en stères. On y découvre aussi le travail des scieurs de long.

Si le pays des mille étangs est un pays d’eau, c’est indiscutablement aussi un pays de forêts. En s’y promenant, on y découvre qu’hélas, le réchauffement climatique commence à y faire des ravages : dans les massifs de conifères apparaissent, ici et là,  ce que les forestiers nomment des « coquelicots », des groupes d’arbres desséchés qui ont pris une étrange couleur marron-roux visible à des lieues à la ronde. Pauvres coquelicots !

(à suivre)

En pratique

*Se renseigner.

Destination Haute-Saône
(destination70.com), Office de tourisme
de Melisey (les1000etangs.com).

Bon à savoir : le passeport de tourisme Vosges du sud inclut 15 sites partenaires. Grâce à ce passeport, on paye la visite du premier site à un tarif normal et on bénéficie de tarif préférentiel dans les autres. Il s’obtient gratuitement dans les Offices de tourisme.

*Dormir.

Chambres d’hôtes
de Viviane Guth
à Haut-du-Them
(la-ferme-de-la-haut.fr),
et Moulin Begeot à Écromagny (moulinbegeot.eu/fra/frindex.html)

*À voir.

Le Musée départemental de la montagne (musees.haute-saone.fr/
chateau-lambert)
et la Maison de la nature des Vosges saônoises (mnvs.fr),
à Château-Lambert.

*Pour en savoir plus sur Saint-Colomban, voir aussi le site des Amis de Saint-Colomban.

 

 

 

Paula Boyer

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