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doutes autour d’une frappe meurtrière de « Barkhane »

doutes autour d’une frappe meurtrière de « Barkhane »



Dimanche 3 janvier, des Peuls réunis pour célébrer un mariage dans le village de Bounti, dans le centre du Mali, ont été victimes d’un bombardement dont l’origine fait polémique. Selon des habitants, une vingtaine de civils ont été tués, dont des femmes et des enfants. Leurs corps, très vite enterrés, « ne sont pas identifiables, ce sont des restes de corps, des morceaux de corps humains éparpillés », a affirmé l’un d’eux.De son côté, Médecins sans frontières a annoncé, le 6 janvier, avoir pris en charge huit personnes qui « présentent des blessures par balles et des lésions dues à des explosions », à la suite du bombardement de Bounti. Qui a visé ce rassemblement de Peuls ? L’armée française ? l’armée malienne ?Le silence des autorités a amplifié la polémiqueQuelques heures après le drame, de nombreux messages sur les réseaux sociaux au Mali ont accusé l’opération Barkhane d’être l’auteure de cette tragédie. Plusieurs témoins ont aussi évoqué l’engagement d’un hélicoptère d’attaque, comme en compte l’aviation malienne. Le silence, dans un premier temps, des autorités de Bamako et de Paris a amplifié la polémique et nourrit les spéculations.→ ANALYSE. La France au Mali, une bataille de sept ansIl a fallu attendre le communiqué de l’armée française, le mardi 5 janvier, pour obtenir des explications de Paris : ce dimanche 3 janvier, un Mirage 2000 a frappé à l’ouest d’Hombori (dans le secteur de Bounti) un rassemblement de djihadistes, tuant plusieurs dizaines d’entre eux. Le communiqué précise qu’ils ont été repérés après une opération de renseignements : leur comportement, leur équipement et le recoupement du renseignement excluraient tout autre chose qu’un rassemblement djihadiste.Le spectre des bavures américaines en AfghanistanLes deux événements sont-ils distincts ou sont-ils liés ? À ce stade, impossible de trancher. Cependant, l’expérience afghane montre que les combattants islamistes n’hésitent pas à se servir de civils comme bouclier humain. On ne compte plus les « bavures » de l’Otan contre les Afghans entre 2001 et 2014.« Les Américains sont des spécialistes de ces bavures, nous, non », répond un officier parachutiste du 8e RPIMa. « Nous suivons une procédure très stricte, ajoute un autre engagé plusieurs fois au Mali. La maîtrise du feu est une doctrine forte chez nous. Cette procédure nous conduit parfois à rater des cibles de haute importance comme j’en ai été directement le témoin pendant l’opération Serval, en 2013. »→ ANALYSE. L’avenir de l’opération Barkhane en questionCependant, ce n’est pas la première fois que l’opération Barkhane est accusée d’avoir commis une bavure au Mali. Déjà, le 30 novembre 2016, les forces spéciales françaises ont tué un enfant de 10 ans avant de l’enterrer discrètement. Cette action avait été révélée au sommet Afrique-France, au mois de janvier 2017. Le mineur était un jeune berger, selon ses parents. Un informateur, selon Barkhane. La porte-parole du ministère des armées françaises avait fini par regretter « la mort de cet enfant », avant d’affirmer que l’action des militaires français avait été « légitime ».→ LES FAITS. Mali, la violence sans contrôleLa même année, des militaires maliens retenus en otages par les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans sont tués dans un raid des forces spéciales. Si Barkhane a nié qu’il s’agissait d’une bavure, le ministère de la défense du Mali l’a affirmé dans un communiqué du 30 octobre 2017, où il présenta « ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes et au peuple malien tout entier ».



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